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Phobie de l'avion
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Traumatisme
Quand je consulte ma graphiste pour une brochure, je ne sais pas qu'elle souffre d'une phobie de l'avion. Pour le besoin du fascicule, je lui explique la technique. Elle m'avoue alors sa peur de l'avion. Nous sommes dans un snack à l'étage et je lui demande la permission de lui expliquer en la prenant comme cobaye. C'est un peu présomptueux de ma part car je ne connais pas la sévérité de sa phobie. Elle accepte. Nous allons travailler pendant 20 minutes.
Dans son cas elle avait vécu un voyage traumatisant en avion. Nous avons travaillé sur le souvenir. J'ai appliqué avec elle « la technique du film ». Je lui ai demandé alors quelle serait son intensité de peur si elle devait revivre le rôle principal du film sur une échelle de cotation de 1 à 10, 10 valant le maximum de peur. 7 aurait été son intensité. Nous avons alors tapoté:
Même si il y a eu le film «terreur en avion» je m'accepte totalement et profondément
Nous avons fait la séquence 2 fois. Quand l'intensité était à zéro, je lui ai demandé de regarder le film attentivement et nous avons tapoté sur chaque aspect du film pour lequel elle sentait une intensité en re visualisant. Après 20 minutes elle pouvait penser à cet épisode sans stress et je me suis arrêtée là. Le seul test possible serait son prochain voyage en avion. Qui fut concluant quelques mois plus tard malgré des turbulences et un retard à l'atterrissage.
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Sentiment d'étouffement
Françoise me consulte pour une phobie de l'avion. Comme d'habitude, je ne sais pas si c'est une phobie simple ou complexe. Je commence à lui demander quelles sont les sensations qu'elle éprouve et les conditions quand la phobie se déclare. L'anamnèse dure plus ou moins une heure et puis nous commençons à travailler. (Je fais des séances de 2 heures). Nous travaillons beaucoup sur la première fois qu'elle a ressenti la phobie en rassemblant les souvenirs dans un film intitulé « LE PIRE ».
Même si ça m'arrive quand il fait chaud et qu'il y a beaucoup de personnes dans l'avion
Même si ça m'arrive quand il n'y a pas d'aération apparente, j'ai des sensations d'étouffement
Même si ça m'arrive aussi quand j'entre dans un tunnel et qu'il est bloqué, je m'accepte …
Même si j'ai été bloquée dans un tunnel, il y a un an et j'ai commençé à paniquer, je m'accepte …
Même si je commence à le sentir maintenant dès que j'imagine l'avion fermé, je m'accepte …
Même si j'ai ce stress dès que je suis à l'aéroport, je m'accepte…
Même si j'ai ces sensations quand la porte est fermée, il n'y pas d'air libre, j'ai la sensation que je ne pourrai pas respirer et que je vais étouffer,…
Même si j'ai peur de faire une bêtise et d'aller ouvrir cette porte, je m'accepte…
Même si j'ai peur d'avoir une crise de panique, je m'accepte,...
Même si j'ai vu une fille faire une crise de panique, je m'accepte,…
Même si il y eu le film « LE PIRE », je m'accepte …
Même si c'était épouvantable, qu'il n'y avait pas de place pour la tête ni pour les pieds, pour tourner les pids ou bouger, je m'accepte…
Même si c'est arrivé lors de notre retour de Crète, qu'il faisait très chaud et que l'avion était complet, je m'accepte…
Même si je ne pouvais pas bouger, je voyais des gens debout devant moi, les portes étaient déjà fermées, l'avion roulait déjà et j'étais étonnée de la vitesse au sol,…
Même si je ne peux pas partir de cet endroit quand j'en ai envie,…
Même si je me sens noyée comme cette actrice dans le film,…
A ce point de la séance, Francoise a un soulagement en ce qui concerne la première expérience mais dès qu'elle pense à la phobie, sa respiration s'accélère. Nous faisons alors une série de tapotements sur les symptômes de la respiration. Elle se souvient alors d'un film américain qui lui donne les mêmes symptômes quand elle se souvient voir quelqu'un se noyer. Nous tapotons alors sur ce sentiment d'étouffement quand elle visualise ces images de noyade. Nous tapotons une série sur la peur de ses images de noyade pour conclure la séance.
Au début de la séance suivante Françoise me dit qu'elle sent une amélioration dans sa phobie . Elle n'a plus peur dans les tunnels. Lors de l'anamnèse je demande toujours « Si vous deviez revivre votre vie, quels sont les évènements ou les personnes que vous ne remettriez pas ? » Elle m'avait cité lors de la première séance 3 éléments. Le premier, son mari coureur de jupons, le deuxième, avoir habité 7 ans dans un lieu détestable qui était un rêve pour le mari et un calvaire pour elle. Le troisième est son arrivée en Belgique au début de son mariage. C'était un choc, tout avait été décidé pour elle. « Quand j'étais jeune, je n'osais pas dire non , je ne me suis pas révoltée car je ne voulais pas que quelque chose foire à cause de moi.»
Nous tapotons sur ces trois choses en commençant par son arrivée en Belgique.
Même si il y eu le film « SUBIR » , je m'accepte…
Même s'il y avait trop de monde, pas assez de place et que c'était TROP pour cet avion, je m'accepte totalement et profondémment
A ce moment-là je demande à Françoise à quoi cela lui fait penser. Elle pense alors qu'elle est submergée par le travail. Elle voit directement les piles de choses qu'elle a à faire sur son bureau. » Il y a TROP. C'est elle qui prend tout en charge à la maison, dans la société familiale, même quand son beau-frère ne fait pas son travail, c'est elle qui pallie à ses manques. Elle se sent « noyée » « enfermée ». Et nous tapotons alors sur toutes les choses qu'elle doit subir dans sa vie.
Même si je suis faible parce que je ne sais pas dire non, je m'accepte…
Même si je me sens humiliée et rabaissée quand mon mari a une maîtresse, je m'accepte…
Même si je me sens rabaissée, je m'accepte…
Même si je fais le travail des autres et que je me sens submergée,…
Troisième séance Françoise voit une amélioration dans sa phobie mais elle a encore froid dans le dos dans les ascenseurs avec une peur de s'y retrouver enfermée.
Même si j'ai froid dans le dos quand je suis dans un ascenseur, et c'est arrivé il y a 2 jours
Même si j'ai encore peur de l'enfermement, je m'accepte…
Même si j'ai peur du changement quand ils ferment les portes et que ça décolle,…
Même si j'ai encore cette peur de ne pas pouvoir respirer et de ne pas pouvoir m'échapper,…
Même si je me sens coincée dans beaucoup de situations de ma vie,…
Même si j'ai l'impression de subir mon mari et cela m'étouffe, je m'accepte,…
Nous terminons la troisième séance. Ce dont je me souviens c'est de l'étonnement de Françoise quand elle fait le lien entre être submergée dans son travail et dans sa vie privée et les sensations physiques d'étouffement quand elle pense à sa phobie de l'avion. Françoise m'envoie un mail un mois plus tard :
Tout s'est bien passé lors de mon voyage en avion, la semaine passée (avril 04), malgré un avion plein et que j'étais assise au milieu de la dernière rangée. Je vous remercie pour votre aide précieuse.
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Perte de références
C'est une phobie très sévère car même quand Valentine voit un avion dans le ciel, elle commence à sentir les symptômes. Même si elle en voit un à la télévision, elle ressent l'angoisse. Valentine a 32 ans et prévoit un voyage au Canada en juillet. Elle désire faire ce voyage au Canada car elle va rencontrer sa belle famille pour la première fois. Elle n'a plus pris l'avion depuis ses 20 ans. Elle me consulte en mars et prévoit une séance par mois. En début de séance elle me parle rapidement d'un deuil qu'elle a mis 15 ans à faire. C'est son oncle et parrain. Il lui manque encore, elle vient à peine de faire le deuil quand elle me consulte. Il était une référence masculine pour elle. Nous revenons sur l'avion qu'elle a pris à l'âge de 7 et 13 ans sans problème. À 17 ans voyage à Tenerife. Elle se dit avant de monter dans l'avion. « Ça y est, on va peut-être se casser la figure » « Un gros bac comme ça qui vole comment ça se fait ? » Valentine a déjà suivi une psychothérapie quelques années auparavant a près une rupture mal vécue. Comme toujours nous commençons sur les 2 derniers vols effectués ainsi que sur le moment exact où commencent les sensations. Je demande « Qu'est-ce qu'il se passe spécifiquement ? »
Même si j'ai des sensations de vertige au décollage, je m'accepte...
Même si je ne sais plus trop bien où je suis quand l'avion décolle,…
Même si je panique quand un bruit change, je m'accepte…
Même si j'ai un malaise quand je me rends compte que je ne sais pas où je suis, je m'accepte…
Même si je suis gênée d'avoir cette phobie et j'ai honte,…
Même si j'ai du mal à exprimer quelque chose,...
Même si je suis en colère contre moi d'avoir cette phobie,…
Même si j'ai appris « on ne se met pas en colère » et j'ai du refouler et ravaler beaucoup de choses,…
Même si je trouve con d'avoir peur d'avoir peur,…
Même si j'ai peur de revivre cet état de stress que j'ai eu les dernières fois que j'ai pris l'avion,…
Même si c'est une sensation de totale perte de référence quand l'avion décolle et que je ne vois plus la ligne d'horizon, je m'accepte totalement,…
Je lui demande à ce moment-là à quoi cela lui fait penser. Et elle répond à la perte de son « tonton » mort, qui était sa référence masculine. Bingo !
Même si cela me fait penser à la perte de Tonton, je m'accepte ,...
Même si je me suis sentie amputée d'un bras, d'une jambe quand il est «parti», c'était un choc, une perte tellement importante, je m'accepte totalement et profondément,…
Même si j'étais paf, sciée, je ne pouvais accepter que «tonton loulou est mort»,…
Tout d'un coup ce lien avec les pertes de référence devient une évidence. Elle me parle alors d'Annie une gardienne qui s'est occupée d'elle de l'âge de 3 semaines à l'âge de 13 ans. Elle la considère comme sa seconde maman et ses enfants comme ses frères et sœurs. Et puis de son chat qu'elle a gardé pendant 13 ans et qui est mort deux ans auparavant. Quand elle rentre de l'école et que ses parents travaillent, c'est le chat qui l'accueille. Autre référence affective.
Même si « Annie » est partie aussi brusquement et sans prévenir
Même si je ne me suis pas rendue compte à quel point j'étais triste et choquée
Même si Bandit (le chat) est mort et je ne m'y attendais pas
Même si mes parents le savaient et n'ont pas voulu me dire qu'il avait le cancer, et ça me met en colère
Même s'ils me l'ont caché mais ils l'ont fait parce qu'ils me savaient sensible
Même si je suis toujours triste en penant à lui et en passant devant sa photo à la maison
A la séance suivante, la troisième, Valentine se sent mieux à l'idée de voyager. Elle me dit qu'elle se tapote parfois dans sa voiture quand elle a des émotions et qu'elle rentre de son travail. Elle commence à accepter qu'elle a le droit de sentir ses émotions et les exprimer. Elle se rend compte à quel point elle a souffert mais que c'était refoulé.
Il reste néanmoins encore des peurs en ce qui concerne l'avion. La phobie a duré 12 ans.
Même si j'ai l'estomac qui gargouille à l'idée de prendre l'avion,
Même si j'ai encore de l'appréhension,
Même si je me pose encore des tas de questions
Même si je ne suis pas sûre d'être assez préparée pour voyager
Même si je me demande si quelque chose va se passer tout en étant bien préparée
Même si j'ai eu toutes ces pertes, tonton, Bandit et Annie ainsi que ses enfants
Même si je ne me rendais pas compte à quel point ils étaient tous si important pour moi et pour quoi cette phobie c'était si fort
A la cinquième entrevue, Valentine est assez confiante et sait que c'est la dernière séance. Néanmoins...
Même si je panique parce que c'est dans 7 semaines
Même si je me demande si j'ai été au bout des choses
Même si j'ai le trac de voir Madame Dubois pour la dernière fois
Même si je n'aime pas les séparations
Même si j'ai peur de perdre les autres et mes parents en particulier
Même si cela me fait penser que maman a été abandonnée à 4 ans et qu'il y une perte de référence pour tout le monde
Même si j'ai peur de ne pas pouvoir gérer le chagrin et ne pas maîtriser ce qui arrive
Même si Jean-Yves fait partie de ces pertes (rupture précédente qui l'avait conduite en thérapie auparavant)
Même si catherine m'a dit « je n'ai plus envie d'être amie avec toi »
A la fin de la séance je fais un test de visualisation sur le voyage Bruxelles-Londres et tout semble OK. Voici le mail que Valentine m'envoie après son voyage.
Un immense merci pour votre aide, votre gentillesse, votre disponibilité et votre douceur. Vous m'avez libérée d'émotions trop longtemps refoulées. Elles ont enfin pu être exprimées et ce, grâce à vous.
J'ai repris l'avion et ai fait un magnifique voyage. À l'aller, j'avoue avoir été angoissée lors du décollage.(Note de Caroline : j'ai peut-être omis un aspect mais le retour s'est bien passé au décollage aussi) Par contre, le vol et l'atterrissage se sont merveilleusement bien passé ainsi que le voyage de retour. Je me suis même entendue dire "L'avion, c'est génial !"....
Non seulement, vous m'avez aidée à me débarrasser d'une peur incontrôlée qui me privait de voyages, mais en plus, notre travail commun me permet aujourd'hui de vivre mes émotions beaucoup plus sereinement. Je vis une deuxième naissance, une libération.
J'ai déjà envie de reprendre l'avion et de retourner au Canada. D'autres idées de destinations ne manquent d'ailleurs pas.
Encore merci.
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Souffrance & culpabilité
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Jack, un Anglais de 45 ans me consulte en 2001. Il a été célibataire longtemps et s’est marié avec une compatriote depuis un an. Ils vivent en Belgique. Elle a des enfants d’une union précédente. Celle-ci vient de faire une tentative de suicide 5 semaines avant de me consulter.
Il me dit qu’il ne l’aime plus et en fait qu’il ne l’a jamais aimée. Il est fâché car ça n’a jamais marché entre eux, elle est dépressive et ne se fait pas soigner. Je suis encore nouvelle à la technique EFT et je sens que c’est ce qui lui faut. Néanmoins c’est difficile à amener. Je prends mon courage et lui propose : pourquoi ne pas tenter quelque chose d’étrange mais qui marche ? Il est d’accord. Et nous commençons :
Même si je me sens coupable de ne pas avoir arrêté la relation suffisamment tôt, je m’accepte …
Je sens qu’il trouve ces tapotements très étranges … Je lui suggère alors :
Même si cette technique est très étrange et je ne suis pas sûre qu’elle marche et que ça puisse marcher pour moi et ce problème, je m’accepte et je choisis d’avoir confiance….
La confiance revient alors nous continuons :
Même si je me sens coupable pour ses enfants, je m’accepte totalement, …
Même si je ne me sens pas la force de dépasser cette culpabilité, elle me rend coupable quand elle me dit ce que je lui fais…
Même si je me sens coupable quand elle pleure, …
Même si cela semble terriblement dur d’envisager la séparation, je trouve si dur de faire souffrir les gens, …
Il semble inconsolable et toujours plein de culpabilité, nous continuons et je soupçonne un événement antérieur. Et je pose la question à la fin du dernier tapotement. « Et qu’est-ce que cela vous rappelle ? » Et là il se souvient d’un événement avec ses parents que nous tapotons. La séance se termine . La culpabilité est à 0/10 mais Jack reste dubitatif.
Je reçois un sms quelques semaines plus tard. Jack s’est séparé de sa femme. Elle est retournée en Angleterre.
L’histoire d’Oscar ressemble un peu à celle de Jack. Sauf qu’il est plus jeune et que cela se présente différemment. Oscar a 30 ans et a une petite amie en Belgique depuis peu et sa petite amie précédente vit en Espagne. Elle est au courant qu’il a rencontré quelqu’un en Belgique et semble intéressée de le reconquérir. Elle veut absolument qu’il choisisse. Oscar trouve cela impossible. Dès qu’il imagine quitter l’une pour l’autre, il la voit délaissée en larmes et cela lui fend le cœur. Il sent qu’il en préfère une des deux mais vraiment quitter l’une des deux semble infaisable, ce choix est trop cornélien. « J’ai du mal à faire souffrir les gens donc je ne sais pas comment je pourrais faire. Je fais sans doute un amalgame avec ce que j’ai vécu très jeune, j’ai fait un choix qui a fait souffrir ma mère ». Je demande plus d’explications et alors là, je comprends mieux. Oscar m’explique que ses parents se sont séparés alors qu’il avait 12-13 ans.
Ses parents n’ont pas trouvé mieux que de lui demander un choix entre son père et sa mère. Comme si un enfant pouvait faire ce choix ! Oscar a dû choisir contraint et forcé. Il a choisi son père et sa mère s’est mise à pleurer. Donc nous avons tapoté :
Même si j’ai de la culpabilité de faire souffrir une femme, je m’accepte…
Même si j’ai fait souffrir ma mère, mais j’ai été contraint et forcé, je suis ouvert à la possibilité de pardonner à quiconque a participé de cette culpabilité moi y compris, je me sentais impuissant, comme dans un tourniquet sans fin….
Même si je n’aime pas voir souffrir les gens…
Même si c’est ma mère que je vois pleurer, je m’accepte…
Finalement je demande de faire un film du fameux jour où il a du choisi et donné sa réponse quand sa mère était en pleurs. Le film s’appelle « la déchirure ».
Même s’il y a eu le film « la déchirure », je m’accepte, …
Dès qu’un aspect se dégageait à chaque série de tapotement, on tapotait sur l’aspect. Oscar était très impatient de revenir au présent. J’insistais de bien nettoyer « la déchirure » car je sais que c’était la cause de son impossibilité à faire un choix dans le présent.
En partant, Oscar m’a dit qu’il savait laquelle choisir avec un sourire.
Caroline
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Dépendance au tabac
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Je suis spécialisée en sevrage tabagique et il m'arrive pourtant de déconseiller d'arrêter de fumer à certaines personnes. C'est un peu ce qui s'est passé avec Denise.
Denise est venue me voir pour arrêter de fumer fortement poussée par son mari. Lors de la première séance, nous faisons connaissance et, voyant les résultats d'un des tests, je lui ai dit que ce n'était vraiment pas le moment pour arrêter de fumer. En effet, Denise est hyper anxieuse.
Il y a quelques années, elle est passée par une dépression profonde. Aujourd'hui, après une thérapie classique de 2 ans, elle va mieux et elle retravaille mais elle est toujours intensément anxieuse.
Je lui ai alors proposé de faire une séance d'EFT - qui a commencé sur le thème du "perfectionnisme"..
Denise est perfectionniste, elle se dit qu'elle doit faire son ménage impeccablement - mais elle est épuisée et quand elle rentre à la maison après le boulot, elle est à bout - donc elle veut commencer son ménage mais elle entame d'un côté, de l'autre - elle n'arrive au bout d'aucune de ses tâches - pourtant elle refuse obstinément de se laisser aider : c'est à elle de le faire.
"Même si je devrais le faire moi-même, et que je n'y arrive pas, je m'accepte totalement et entièrement"
"Même si je voudrais faire mon ménage parfaitement, et que je n'y arrive pas, je m'accepte totalement et entièrement"
"Même si c'est inconcevable d'accepter de l'aide, je m'accepte totalement et entièrement" ...
"Même si je n'accepte pas mes limites, je m'accepte totalement et entièrement"
"Même si je suis dure avec moi-même, je m'accepte totalement et entièrement"
"Même si je me fais marcher à la baguette, je me pardonne de ne pas y arriver, je fais du mieux que je peux avec ce que je suis, avec mon passé et mon histoire"
Etc. ... sur le thème de "je me pardonne"
J'ai proposé aussi un recadrage sous forme d'image : les galériens d'Astérix qui sont en grève et quand les rameurs sont déclarés la grève, on a beau les fouetter, ça ne change rien - ils ne rament toujours pas ! Il vaut mieux accepter d'écouter leurs revendications.
Pendant toute la séance, Denise me disait qu'elle avait l'impression de se décharger enfin de tensions (comme de poids énormes) ; elle baillait régulièrement aussi.
J'ai bien réfléchi durant toute la semaine et j'allais lui dire de ne pas arrêter de fumer tant que ses angoisses seraient aussi fortes et de refaire une thérapie.….., Quand elle est arrivée, Denise m'a raconté ceci : le samedi, après notre rendez-vous, elle s'était sentie épuisée et elle avait dormi l'âme en paix tout le reste de la journée. Le dimanche, c'était vraiment incroyable disait-elle : elle avait (enfin) accepté l'aide de ses parents. Ceux-ci lui proposaient depuis des mois. À trois, ils ont fait le ménage, repassage, etc ... la maison avait enfin retrouvé une allure présentable.
Puis, le lundi, Denise avait acheté un plat tout fait (de sorte à ne pas avoir à faire la cuisine) ; elle était allée rechercher son matériel de dessin au grenier et avait passé une soirée excellente à dessiner.
Le mardi, une fois le repassage fait, elle s'est installée avec son mari et sa fille qui regardaient un film ; comme ce film ne l'intéressait pas, elle a lu son livre tout en restant près d'eux et malgré les remarques de son mari - elle s'était affirmée sans la moindre hésitation, tout à fait naturellement.
Elle-même s'émerveillait de cette métamorphose incroyable disait-elle - et elle avait fait tout ça sans se forcer ! sans se fouetter ni se flageller !.
Le mercredi, hélas, il y a eu un couac ; une dispute avec son mari. L'angoisse a resurgi aussi forte qu'avant et Denise n'a pas pensé à se tapoter.
Mais bon, l'utilisation de l'EFT (une séance) avait permis un vrai miracle : Denise avait posé plus d'actes en une semaine qu'en 2 ans de thérapie classique (disait-elle).
Encouragée par ces résultats, j'ai proposé une seconde séance d'EFT - dont je ne vais pas faire le détail ici.
À un moment, je lui ai demandé quels seraient les bénéfices secondaires de ses angoisses:
"Même si mes angoisses me rassurent (je ne dois plus faire d'efforts) je m'accepte totalement et complètement"
- Et à ce moment, Denise s'est dite "c'est cher payé !" on a continué par :
"Même si je me suis tellement fait souffrir, je me pardonne" ...
On a refait ce fameux test de sevrage tabagique la semaine suivante et les résultats étaient très différents !
C'était OK de démarrer le sevrage à ce moment-là.
Denise a effectivement arrêté de fumer.
Béatrice Beghein
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Angoisse & anxiété
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Clotilde (pas son vrai prénom) vient me voir il y a 3 semaines pour une séance unique car elle n’a pas les moyens d’entamer une thérapie sur plus long terme. Elle est suivie par une psychiatre spécialisée en victimiologie et trouve beaucoup de réconfort auprès de cette thérapeute. Elle va mieux, elle est très motivée pour évoluer mais souffre encore à divers points de vue. Elle découvre l’ EFT, télécharge le manuel de Gary Craig et commence par l’appliquer elle-même avec des résultats. Néanmoins elle souffre encore par rapport à son passé, elle culpabilise beaucoup et est pleine de colère. Elle a peur de la mort et des maladies. Le temps qu’elle m’explique tout cela, je lui propose de travailler en EFT. On aborde la culpabilité. Cette culpabilité provoque des attaques de panique tous les après-midi. Claire est sûre que quelque chose va « me tomber dessus » tous les jours entre 14 et 16.00. La police judiciaire va venir...
Nous commençons à travailler sur cette peur.
Même si quelque chose va me tomber dessus cet après-midi, je m’accepte totalement et profondément
Même si j’ai si peur, je m’accepte
Après quelques instants, je lui demande si cette peur lui rappelle quelque chose. Elle répond « oui, quand je mettais la table , mon père me regardait comme si c’était mal fait, j’avais peur et je me sentais coupable. Même sans savoir si j’avais effectivement mal fait ».
Je demande alors à Clotilde de faire un film avec la scène. Son titre «Coupable!» L’intensité qu’a ressenti la petite Clotilde à l’époque :10/10. Et nous commençons à tapoter.
Même si il y a eu le film « coupable » je m’accepte totalement et profondément. ( 3 fois)
L’intensité monte encore. Elle me dit à 100/10. Nous continuons de tapoter car le film contient terreur et culpabilité et chagrin. Et nous abordons tous les aspects du film.
Même si j’ai peur quand il me regarde, je m’accepte totalement et profondément et je pardonne à la petite Clotilde d’avoir si peur, c’est normal, elle n’a que 6 ans.
Même si j’ai ma tête pleine de questions « qu’ai-je mal fait, que n’ai-je pas fait ? » je m’accepte…
Une fois que l’intensité de l’ensemble est à 2-3/10, je lui demande de regarder le film en fermant les yeux et d’exagérer le son, l’intensité des couleurs, les sensations pour être sûre que nous en ayons fini avec tous les aspects émotionnels possibles. Et si un aspect apparaît nous tapotons chaque aspect.
En terminant la séance , nous savons toutes les deux qu’il reste du travail. Clotilde est prête à faire du chemin par elle-même et me tiendra au courant par mail. Ce qui fut fait.
Les attaques de panique sont moins fortes et sont jugulées car elle tapote quand ça arrive. Ses journées ne sont plus passées en les attendant ou en étant épuisée de les avoir vécues.
Clotilde :« Les attaques d'angoisses de mort ne viennent qu'un jour sur 2 et elles sont à 3-4 et je tapote, … et soudain je ne sais même pas que j'ai eu des attaques. L'après-midi elles viennent 1 jour sur 3 à 2-3 (intensité) et je tapote mais parfois elles partent juste en "pensant" que je tapote …. (si je suis occupée à quelque chose ou au Delhaize etc...) et soudain, je continue mes courses en ayant totalement oublié qu'elles sont revenues. Elles sont "latentes" mais de 100 on est passé à 2, 3 ou 4 ».
Le second bénéfice très surprenant (surtout pour elle, je sais que c’est une conséquence fréquente de ce travail) fut le mail qu’elle m’envoie le soir même : « Je voudrais vous demander quelque chose qui vient d'arriver : Depuis quelques jours j'ai une angine qui tournait en pharyngite et depuis que je suis allée chez vous....euh...on dirait qu'elle a disparu!??? C'est possible? .....je suis un peu KO mais en douceur et pas fatiguée comme je le suis en sortant de chez ma thérapeute victimologue... gérer un chagrin comme vous l'avez fait....quel baume...MERCI »
Caroline
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Deuil
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Ce qui se passait à l'époque où je me suis occupée de Sonia, c'est qu’elle n'arrivait pas à se remettre de la mort de sa maman - or celle-ci était morte depuis un an. Je l'ai rencontrée la veille du triste anniversaire ; elle était en larmes et prévoyait quelques jours pénibles en mémoire de cet événement. Ce deuil l'empêchait de vivre ; elle avait dû déménager dans un quartier inconnu de la ville pour ne plus imaginer sa maman à ses côtés - elles étaient inséparables. Elle ne pouvait plus aller dans les restaurants qu'elle avait fréquentés avec sa maman, ni chez le coiffeur ... elle souffrait beaucoup.
Je lui ai alors proposé une séance d'EFT - et j'ai contacté Caroline Dubois, ma formatrice, pour une supervision préalable.
Quand Sonia est arrivée, très vite, on a commencé les tapotements - avec pour phrase de départ (peu élaborée)
Même si je suis tellement triste, je m'acepte totalement et complètement.
et, tout en se tapotant, Sonia m'a parlé de sa maman, de leur relation, de la personne merveilleuse que cette maman avait été pour elle, me donnant des exemples de situations, etc...
Après avoir enchaîné plusieurs séries de tapotements successifs sur ce thème, sa tristesse avait bien diminué.
On a poursuivi en démarrant sur une autre phrase du style:
Même si c'était mieux avant,…
Même si maman n’aime pas la tristesse , n’aime pas pleurer et que je pleure,…
Tout en continuant les tapotements, on a parlé de comment Sonia avait réagi au moment de ce décès. Comme sa maman n'aimait pas la tristesse, Sonia s'était interdit de pleurer - avait tout fait en ce sens - mais ses larmes jaillissaient de plus en plus souvent, dans les situations les plus diverses ... elle n'arrivait plus à les retenir.
Je lui ai alors proposé - sur les conseils de Caroline - de prendre rendez-vous avec sa tristesse régulièrement, tous les jours au début, pendant une durée de +/- une demi heure. Et là, au lieu de fuir ou de refuser cette émotion, de l'accueillir, la vivre pleinement, l'exprimer en pleurant délibérément à chaudes larmes. Et d'accueillir aussi ce qui viendrait d'autre - colère, joie, remords, peur, ...
C'était il y a 6 mois. Quand je l'ai revue hier, Sonia était radieuse ; elle m'a expliqué que ses fameux rendez-vous avec sa tristesse se sont tout naturellement mutés en rendez-vous avec elle-même. Depuis, tous les jours, elle a rendez-vous pour se faire du bien. C'est noté dans son agenda exactement comme s'il s'agissait d'un rendez-vous avec un client. Et elle n'a surtout plus aucune douleur à repenser à sa maman et à sa mort, tout va bien de ce côté là.
Béatrice Beghein
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